La pratique personnelle

La pratique personnelle, ce n’est pas forcément ce que vous croyez.

Selon moi, quand on parle de pratique personnelle, ce n’est pas une heure de yoga seule chez soi en suivant un cours en visio. C’est plutôt une pratique autonome, sans personne pour vous guider, sans voix dans les oreilles, sans quelqu’un pour vous dire quoi faire. Juste vous, votre tapis, et ce que votre corps a envie de faire ce jour-là. Ça peut être intimidant au départ, mais je vous assure qu’on y prend goût.

Quand j’ai commencé à pratiquer seule après ma grossesse, je me suis appuyée sur la Bible du yoga de B.K.S. Iyengar, un ouvrage de référence qui décrit des centaines de postures avec une précision et une rigueur redoutables. Je découvrais les postures une par une et suivais les séquences proposées en fin d’ouvrage. Je pratiquais 30 minutes au milieu de mon salon. Je me filmais aussi (bien avant d’en avoir besoin pour ma communication d’enseignante) parce que sans professeur pour me corriger, c’était ma seule façon d’avoir un retour sur mon alignement. Et pour le reste, je faisais à mon rythme. Il y avait quelque chose de libérateur : pas de regard extérieur, pas de correction à chaud, juste moi qui faisais de mon mieux.

La GR m’avait appris l’autodiscipline. Je l’ai simplement appliquée ici, mais avec beaucoup plus de liberté.

Ce que j’aime profondément dans la pratique personnelle, c’est qu’elle s’adapte à vous et non l’inverse. Votre état du jour, votre temps disponible, vos envies du moment, tout ça peut guider ce que vous faites sur le tapis. Un cours collectif a une direction, une intention, un fil et surtout un rythme imposé. C’est génial parfois et je suis la première à adorer me laisser guider sans avoir la responsabilité de la séquence. Mais la pratique perso, c’est une conversation avec vous-même. Dans les cours collectifs, il y a aussi le risque du niveau et, expérience vécue : se retrouver dans un cours d’Ashtanga niveau intermédiaire quand on ne connait pas la séquence, c’est galère !

L’autre avantage de la pratique personnelle, c’est la liberté en termes d’organisation qu’elle offre. Dans un quotidien de jeune maman, ce n’est pas toujours évident de trouver un créneau disponible pour se rendre dans une salle de sport ou un studio de yoga.  Moi ça me convenait de dérouler mon tapis le matin avant le réveil de ma fille ou pendant qu’elle était occupée et d’adapter la durée de ma pratique au déroulé de la journée.

Cette conversation n’a pas besoin de durer longtemps : 5 minutes, 10 minutes le matin au réveil, avant de débuter quoi que ce soit, en pyjama même. Si vous ne savez pas par quoi commencer, je vous recommande 2 ou 3 salutations au soleil. Si vous ne les connaissez pas encore, des mouvements simples qui vous feront du bien : chat/vache (dos rond / dos creux) pour réveiller le dos, la posture de l’enfant, le chien tête en bas, quelques fentes pour les hanches, des mouvements de bras pour relâcher les épaules. Rien de spectaculaire. Juste de quoi déverrouiller votre corps avant que la journée commence.

Avec le temps, cette pratique est devenue pour moi un espace de création aussi. Mes cours sont souvent le reflet de ce que je travaille moi-même pendant la période. Quand je cherchais à renforcer ma stabilité de chevilles pour mes entraînements de course à pied, j’ai construit une séquence autour de ça. Ce que j’explore sur mon tapis finit toujours par nourrir ce que je propose en cours.

Si tout ça vous donne envie d’essayer, commencez demain matin. Pas besoin de beaucoup.